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Surprise / Suspens

Ce sont deux modes de narration complémentaires.
La surprise, consiste à amener un élément inattendu (dont les lecteurs n'ont absolument pas connaissance), dans le cours des événements.
Par exemple : Deux personnes discutent tranquillement à une table. Soudain, une bombe explose. On ne s'y attendait pas du tout : effet de surprise.
Le suspens consiste à donner connaissance au lecteur d'un élément qui pourrait changer le cours de l'histoire et de l'amener à se poser la question de savoir si les protagonistes sauront y faire face ou pas.
Par exemple : Deux personnes discutent tranquillement à une table. Sous la table, on voit qu'il y a une bombe. Les personnages échapperont-ils à l'explosion ? Le lecteur à connaissance du risque, il s'interroge : Suspens.
Exemple cité par Hitchcock dans ses entretiens avec Truffaut.

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Le flashback dans la bande dessinée (3/4) relancer le récit PDF Imprimer Envoyer
Dossier sur la BD

2. L'intrigue

Relancer le récit

{mosimage caption=1}Nous avons vu qu'une anecdote du passé pouvait renouveler l'image que nous avions d'un personnage... Mais un flashback peut aussi relancer totalement le récit. C'est le cas lorsque, dans la seconde partie de Maus, l'auteur se représente à sa planche à dessin, accablé par le succès de son livre et les responsabilités qu'il lui donne. Jusque là l'auteur ne s'était jamais vraiment montré que dans un passé tout à fait révolu. On le voit cette fois au "présent", il raconte oralement une sorte d'épilogue provisoire de son récit. Ce faisant, il relance ce dernier : en le reliant au présent il donne au lecteur un besoin plus grand encore de lire la fin du récit de Vladek à son fils.

{mosimage caption=1}Dans Pour toi Sandra, Derib ne se sert pas non plus du flashback que pour présenter ses personnages et leur lourd passé. Le souvenir est le motif même de l'intrigue : lorsque Doris croise Sandra, cela lui renvoit son image. La narratrice avait oublié son passé, mais il a ressurgi à travers le miroir de cette jeune femme qui risque de commettre les mêmes erreurs qu’elle, en tombant dans le piège de la prostitution. Comme bien souvent, la motivation des personnages devient la raison d’être de l’intrigue : l'histoire n’existerait pas sans la volonté de Doris d’aider Sandra. Le flashback permet à l'intrigue d'exister mais aussi d’avancer, car Sandra bénéficie de l'expérience, de la compassion et de l'aide de Doris.

{mosimage caption=1}Faute de faire avancer l'intrigue, le flashback l'enrichit, la met en perspective et lui donne du corps. Dans Balade au bout du monde, Arthis est un jeune photographe insouciant, attiré par sa curiosité et son esprit romantique, il part en reportage dans un marais célèbre pour les disparitions qui s'y déroulent… Il y voit une jeune et belle photographe, juste avant d'être fait prisonnier par d'étonnants ravisseurs. Lorsqu’il cherche à se rappeler la jeune photographe entrevue dans le marais avant qu'il ne soit fait prisonnier, c'est pour signifier au lecteur l'importance qu'il y a à se souvenir de la scène qui aura des répercutions dans les albums suivants. L'objectif photographique est un signe graphique astucieux pour que le lecteur saisisse d'emblée le statut des vignettes de flashback. Ce flashback est particulier, parce qu’il n’est pas naturel : le héros est marqué par l’effort lorsqu’il essaie de se souvenir. Le lecteur comprend immédiatement la place qu’aura la charmante photographe pour la suite du récit et pour le coeur du héros.

{mosimage caption=1}Pour Eva Stern, la vieille dame qui correspond avec @nonymous dans XXe Ciel, le passé doit ressurgir également. Au gré des mystérieux emails et des photographies qu'ils contiennent, l'héroine s'interroge sur son siècle qui s'achève et se remémore des moments oubliés de son propre passé. Yslaire marque une rupture graphique entre les photographies retravaillées par ordinateur et présentées comme des captures d'écran, mêlées aux réminiscences en teintes sépia ; et les images de bande dessinée qui montrent la vie présente d'Eva Stern. Cette rupture graphique, encore une fois, sert la lisibilité du récit. Le flashback, encore une fois, nourrit le récit autant qu’il en nourrit les personnages.

Dossier réalisé par Gautier Walliser et Julien Falgas ©AtelierBD
Mise à jour le Lundi, 06 Octobre 2008 14:36